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Vous bloquez à mi-chemin de l’écriture de votre roman et cette situation vous frustre profondément. Vous avez essayé tous les conseils prodigués sur internet en cas de blocage : s’aérer l’esprit, faire autre chose, faire une pause, etc. mais ça ne vous aide pas trop et vous en êtes toujours au même point. Sachez que c’est un fait normal pour beaucoup d’auteurs. Ce n’est pas tout d’avoir démarré, il faut être capable de terminer ce qu’on a commencé. C’est sans doute l’une des phases les plus difficiles à traverser en tant qu’écrivain, mais voici des indications qui vous aideront à sortir de ce maudit blocage si vous les mettez en pratique. En bonus, je vous montrerai à la fin un gros hack que j’ai découvert personnellement et qui m’a beaucoup aidée à surmonter cette phase.

1. Planifiez un minimum

J’insiste d’entrée de jeu là-dessus. Je ne m’étendrai pas sur le sempiternel débat qui oppose les auteurs jardiniers aux auteurs architectes. Tous les auteurs sont l’un ou l’autre à un moment donné de leur parcours, quel que soit leur façon d’écrire dominante. Mais force est de constater que bon nombre d’auteurs se perdent en chemin lors de l’écriture de leur premier jet. La cause en est souvent qu’ils n’ont pas en tête la structure de leur roman.

Or, s’il y a un moment où un auteur devrait se mettre dans la peau d’un architecte, c’est bien lors de l’écriture de son premier jet. Il est essentiel, surtout pour ceux qui débutent en écriture, d’avoir au moins les grandes lignes de son roman en tête. D’en connaitre au moins le début, le milieu et la fin. Déterminer le style et la structure le plus tôt possible dans l’écriture du premier jet vous évitera de commettre de grands écarts et ainsi de passer beaucoup de temps à réécrire des pans entiers de votre livre.

Planifier au minimum permet de savoir où on va, de définir les limites de son intrigue, de ne pas se perdre en chemin, de savoir où finir. Autrement vous pouvez passer des années à poser le point final de votre roman et à élaborer une version finale qui tienne la route. Dans le pire des cas, vous vous découragerez en chemin et laisserez tomber votre projet. Ce sont des cas de figure qu’un petit effort de planification peut vous éviter.

Alors de grâce, jardinier ou pas, posez le « squelette » de votre roman avant d’aller plus loin. Vous devez avancer avec un minimum de méthode, que ce soit une planification par chapitre ou par scène. Si vous ne finissez pas vos premiers jets parce que vous ne savez pas où vous allez, reconnaissez que vous avez besoin d’un plan, même succinct. Car il n’est pas nécessaire d’être très détaillé (réservez ce détail à l’écriture proprement dite). L’idée est d’avoir le bon équilibre entre une bonne planification et une imagination spontanée.

2. Gardez le cap

Gare aux idées brillantes qui vous viennent sous la foudre d’une subite inspiration. Notez-les dans votre carnet à idées mais réfléchissez-y à plusieurs fois avant de les intégrer à votre roman en cours. Y ont-ils réellement leur place ? Servent-ils directement l’intrigue et peuvent-il s’y imbriquer naturellement ? Ne forcez pas pour insérer une idée qui pourrait déformer la structure de votre roman. Pourquoi ne pas l’exploiter dans un autre projet, voire un tome suivant de votre roman actuel ?

3. Tuez le perfectionnisme

Vous avez l’impression dérangeante que ce que vous écrivez est nul et affreusement lourd ? Je confirme, ça l’est sûrement et ce sera souvent le cas pour un premier jet. Cependant, inutile d’en avoir honte ou de vous décourager. C’est même plutôt bon signe pour la suite que vous soyez déjà conscient des insuffisances de votre manuscrit. Rappelez-vous qu’au stade du premier jet, l’objectif n’est absolument pas d’être parfait ni de faire son autocritique, mais plutôt de poser l’esquisse de votre livre, de dérouler les passages clés, de faire l’ébauche de sa structure.

La perfection n’a sa place qu’à l’étape de la réécriture. Alors chaque chose en son temps. Il est tout à fait acceptable et recommandé d’écrire son premier jet en mode « je corrigerai ce qu’il faut plus tard ». Idem si vous bloquez sur le mot, l’expression où le terme adéquat pour exprimer une idée pendant que vous écrivez. Mettez plutôt des points de suspension, des xxx ou écrivez le terme imparfait que vous avez en tête et surlignez-le en attendant d’y revenir prochainement.

4. N’ayez pas peur de l’étape de la réécriture

N’oubliez pas que le premier jet n’est jamais, au grand jamais la version définitive d’un roman. Tous les auteurs y font face sans exception et vous n’y échapperez pas. Vous vous demandez peut-être si écrire « de la merde » ne vous condamne pas à un travail de réécriture colossal par la suite. Pas si vous avez une structure solide pour votre roman, d’où l’intérêt de la planification.

5. Planifiez et écrivez la fin

Si vous bloquez sur un passage particulier de votre roman, rien ne vous oblige à vous arracher les cheveux là-dessus. Au lieu de cela, rédigez plutôt à l’avance les dernières scènes de votre roman. Une fois que ce sera fait, la dernière pierre aura été posée. Non seulement vous aurez une idée plus claire de comment surmonter votre blocage, mais encore vous serez fortement motivé à joindre les deux bouts de votre histoire pour la terminer. Vous pouvez même pousser l’astuce jusqu’à écrire plusieurs derniers chapitres de votre roman, ou les scènes qui vous inspirent à l’avance. Mais bien entendu, vous pourrez modifier la fin et les scènes en question si elle ne conviennent plus tout à fait au déroulement de votre histoire.

Si votre préoccupation se situe plutôt au niveau de l’écriture de la fin de votre roman, je vous recommande d’en apprendre plus sur les indispensables pour une fin de roman réussie. Pour rappel, une bonne fin doit être logique, bien imbriquée dans la structure du roman, répondre à toutes les questions soulevées dans l’histoire (sauf les éléments de suspense d’un éventuel tome suivant), elle doit répondre au résultat de la quête du héros, laisser partir le lecteur sur une dernière émotion et elle doit être satisfaisante.

Bonus : Faites générer les scènes où vous bloquez par l’IA

Cette astuce est incroyable pour lever un blocage qui empêche l’avancée de l’écriture de votre roman. Attention, il ne s’agit pas de faire écrire votre roman à votre place par une IA. L’idée est (à travers un prompt adéquat marquant le cadre, le contexte et les personnages de votre roman), de générer une scène qui soit la plus proche possible de ce que vous avez en tête pour votre roman. La réponse de l’IA ne sera pas parfaite (même si quelques agréables surprises peuvent arriver !) mais ce sera à vous de l’adapter ensuite selon vos besoins.

L’intérêt de cette méthode ? Avoir une scène type de votre roman générée par l’IA sur laquelle vous reposer pour écrire la version finale de cette scène, selon votre style et avec vos préférences en tant qu’auteur qui sait où il veut amener son livre. Considérez cette scène comme un premier brouillon créé par l’IA pour vous aider à surmonter le syndrome de la page blanche.

L’avantage de passer par cette technique, c’est qu’elle révèle très souvent des éléments de narration auxquels on n’aurait pas forcément pensé dès le départ : détails de l’environnement, trait de personnalité d’un personnage, subtilités du genre, informations intéressantes pouvant être exploitées pour la suite, etc. En plus, cela me procure personnellement une certaine joie de voir des scènes de mon roman décrites par « quelqu’un d’autre », comme si nous étions deux à y travailler (on se sent un peu moins seul sur ce projet).

Il existe cependant un prérequis important pour pouvoir tirer profit de cette astuce : vous devez connaitre le déroulement de l’intrigue globale de votre roman et celui de la scène à générer en particulier (qu’est-ce qui s’y passe, comment la scène doit se terminer, quelles implications potentielles pour la suite du roman et pour les personnages, etc.).

Pour info, j’utilise Claude.ai d’Anthropic pour implémenter cette astuce. Si cette méthode vous intéresse, dites-le en commentaires et je développerai un article complet sur le sujet : comment j’élabore le cadre (ou mémo) pour bien informer l’IA sur mon roman, quels prompts j’utilise, à quoi ressemble un bon résultat, etc.

Voilà, j’espère vraiment que vous trouverez de quoi vous débloquer parmi les points mentionnés dans cet article (le dernier marche à tous les coups me concernant). Gardez le cap, planifiez un minimum, écrivez des scènes qui vous inspirent à l’avance et faites-vous assister par l’IA.

Bonne réécriture !

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